nights in white satin

mais que pourrais-je donc bien faire de mon arrogance?
et de mon apparence?

ils sont bien peu ceux à avoir regardé à l’intérieur
juste quelques unes
et aucun de ceux qui n’ont pas regarder n’est à blâmer
ils n’ont regardé que ce que je montrais
et quand bien même d’aucuns n’étaient dupent de ma supercherie
aucun n’a ressenti la violence de me démasquer à moi-même

je suis bien tenté de changer de masque
mais le roi saurait-il réellement se promener nu?

pourrais-je concilier mes faiblesses avec mon effroi pour leur condescendance?
et pourrais-je accepter de ne pas tenter de prouver que je suis le meilleur?
et saurais-je me contenter d’être, pas ce que je suis mais, comme je suis?

même si comme je suis, c’est d’être arrogant, analytique et « judgmental »?

l’ivrogne

je rêve d’une rame
qui voguerait du ventre de Paris
jusqu’aux confins de ma campagne

je rêve d’un métro bondé s’extirpant sans mal de la densité urbaine
de défaisant de ses oripeaux malfaisants
un à un
jusqu’à n’en laisser que quelques uns
pantois mais heureux
pantois mais apaisés

quelques uns sortant de ce wagon de la ligne 8
s’arrêtant en morne plaine
morne mais lumineuse
grise mais verte
perdue mais libérée

je rêve de cette rame qui me conduirait où je veux aller
qui me conduirait et qui elle saurait où donc je peux bien vouloir me rendre

space is only noise if you can see

tu es bloqué
une espèce de bulle sociale paralysante
qui sont ces gens?
que veulent-ils?
que me veulent-ils?
ils attendent comme j’attend
on se regarde sans se voir
ou l’on se voit dans se regarder
sans doute plutôt ça oui

j’attend qu’ils arrêtent d’attendre
moi, je n’attend rien
mais je ne le sais pas encore

le temps est un espace étrange

parfois, j’aimerais juste que ça s’arrête
pas par désespoir
à peine par lassitude
juste pour pouvoir rire un bon coup tous ensemble autour de ce rôle éreintant que j’ai dû m’imposer un jour

et tout le monde viendrait me taper dans le dos en me chambrant gentiment
tout le monde
tous les mondes
tous ceux qui n’existent que parce-que je les laisse faire

sylvia

ou serais-je aujourd’hui si c’était toi que j’avais croisé ce soir la? ou serais-je si je n’étais pas avec toi? est-ce que j’attendrai toujours une autre elle pour m’envoler? une qui saurait jusqu’où l’on peut s’échapper une qui saurait ou aller ou le croirait pour le moins?

et toi, étais-tu comme elle il y a [...]

première gnosienne

que c’est beau ma vie pour une gnossienne ma vie pour qu’elle devienne une gnossienne

je veux être cette touche du piano celle-la qui envoie son la altérée, si ou la et faire de ce haut-bois mes poumons que chacune de mes bouffées d’air s’accompagnent de son son délicieux qu’enfin j’apprenne le céleste miracle de [...]

play for today

joue aujourd’hui joue juste aujourd’hui époussette les poussières de pensées qui polluent ton esprit un logement peut il être agréable si il n’est pas propre peut-on retrouver l’enthousiasme d’un nouveau né en nageant dans la poussière?

alors époussette, mais ne détruis pas fais la différence entre la poussière et la matière fais la différence entre [...]

gone tomorrow

cessons de nous comparer cessons d’envier cessons d’imiter

il n’y a pas de chemin dans celui emprunté à d’autres pas de voix a recopier ce que d’autres ont fait s’inspirer se laisser influencer par tout ceux passer avant par eux comme par tout ce que la vie nous envoie mais le chemin est personnel il [...]

space oddity

d’où me suis-je senti trahi? il ne m’a jamais été facile de me confier en tout cas pas à n’importe qui parce-qu’une fois la porte ouverte, un torrent d’émotions dévalent un torrent, ça doit être violent pour celui qui n’y est pas préparé un torrent, ça amène son flot de merdes en tout genre de [...]

the last goodbye

tu pourrais peut-être arrêter de te faire saigner par ici non? la vie mérite d’être vécue à ce qu’il parait. tu le sais, n’est-ce pas? tu le sens pour le moins. que tu t’obstines à vouloir rouler avec des pneus élimés, est une autre affaire. tu as toujours été obsédé et obsessif. tu aurais été [...]

time to pretend

il y a cet homme qui frappe sa tête, consciencieusement, sur le mur du bout d’une impasse chacun des coups qu’il se porte est parfaitement aligné sur la grosse caisse de la chanson pop qui passe par là il y a toujours beaucoup de chansons pop au bout des impasses

quelques femmes le regardent postées [...]