Archive

future starts slow (15/2011)

je me regarde
d’en haut
en haut, tout là-bas,
là où est la lumière

est-ce que ce que tu vois est beau?
je ne sais pas…
mais c’est bien toi que je regarde
à vrai dire, c’est surtout toi que TU regardes?

suis-je mort?
il ne me semble pas
et toi?
peut-être?
qui sait vraiment ce que vivant est?

mais est-ce que ce que tu vois est beau?
est-ce que ce que tu vois est bien ce que tu veux être?

et le sais-tu seulement?
tu passes une vie à te demander qui tu es, alors que tu ne sais pas qui tu veux être?

pourquoi te regarder avec leurs yeux?
certes ils sont jolis, mais bien autant que les tiens

est-ce que ce que tu regardes est beau?
est-ce que c’est aussi beau que ce tu aimerais regarder?
est-ce que c’est le beau que tu veux voir?
ou juste celui que tu penses qu’ils veulent voir pour t’aimer?

pourtant, ils n’aiment toujours que ceux qui aiment ce qu’ils voient
tu sais?
d’en haut, tout en haut, là où est la lumière…

but it’s hard to be hard I guess
when you’re shaking like a dog

on powdered ground (14/2011)

elle avait fermé la porte
il y a bien longtemps
par coquetterie
comme l’envie soudaine, même si tardive, d’une extravagance

accrocher au terne de son habit élimé, une jolie fleur
une petite fleur certes, mais une fleur en devenir pensait-elle

elle ne s’était pas inquiété de savoir si on la suivrait dans ce jeu

et ils n’avaient pas compris
ou alors, ils n’y voyaient aucun intérêt
après tout, ils le trouvaient assez joli ainsi leur habit
avec ou sans une fleur dernier cri

seule à contempler la fleur de sa vie, elle avait alors préféré réinventer son passé pour justifier de l’urgence à le détruire

et si elle avait fermé la porte, elle l’avait longtemps laissé entre-ouverte
ils finiraient bien par comprendre la beauté de son jeu
puisqu’ils devaient bien l’aimer encore quelque part

le temps passa

et le vide et le froid la convainquirent de la fermer vraiment

plus tard encore, d’intrusions indésirables en manipulations de passage, elle finit même par la fermer à double tour

le bouton de rose sur sa veste était fané depuis bien longtemps
elle continuait pourtant à le regarder en chaque instant ce précieux, sans plus jamais le voir vraiment…

don’t break your back on the track

ship of promises (13/2011)

Putain de plans B
le problème, le vrai, oserais-je écrire l’unique, c’est le plan B…

tu peux bien tenter de t’approcher de tes rêves
essayer, étape après étape, de réaliser la plus belle vision de toi-même
à peine commences-tu à essayer de la préciser, de la débarasser de ces fantasmes puérils,
approche alors un plan B
un putain de rêve édulcoré
un truc bienmaispastopmaisparaitilrealisable

le problème, ça a toujours été ce putain de plan B!

quoique tu fasses
quelque soit la plus modeste ambition que tu puisses avoir, il y a toujours un putain de plan B qui traine
une ambition light
« ouais, ce serait cool… mais soyons réaliste, ça déjà ce serait pas mal, non? »

et de plan B, on dérive vite en un plan C, voire même un plan D
pour atterir sur le sous-terrain d’une voie de garage
une pauv’maison de campagne perdue à milles lieux de la plage tant rêvée

Go to Hell Plans B!!
We want Our Plan A!!!

two (12/2011)

j’en ai une bien sûr Mais je ne sais pas très bien qu’en faire à vrai dire Peut-être même en ai-je trois, voire deux? Mais je ne sais jamais comment les satisfaire

Ils me paraissent tous tellement affairés à les entretenir À les faire fructifier À les faire grandir J’en ai quelques unes donc, bien [...]

the glorious land (11/2011)

peut-être qu’elle comprend plus de choses que moi sûrement qu’elle en voit beaucoup plus que moi en tout cas et si il ne fallait pas se fier aux apparences?

on peut bien être obsédé par sa survie immédiate, et philosopher à ses heures perdues, non? peut-être qu’il y a plus dans ce regard vide, fixé [...]

morning mr magpie (10/2011)

ça commence par un signe physique une alarme intérieure qui résonne

les paupières lourdes chez moi et leurs vannes bloquées pourrais-je seulement un jour les vider?

le signe avertit du manque peu importe lequel je n’ai plus envie de le chercher

trop lourdes pour les vider, se remplir

de n’importe quoi quelque chose à boire [...]

codex (9/2011)

je me noie avec mes fantasmes qui s’amusent à me pousser la tête sous l’eau et à la ressortir pour voir ce qu’il m’en reste

les chemins de mes possibles me paraissent toujours plus séduisants que ceux de mon présent

je sais pourtant que tout ceci n’est qu’une douce illusion que quelque seront les fantasmes [...]

lotus flower (8/2011)

l’idée de n’avoir peur de rien celle que j’aimerais tant faire mienne définitivement

idée séduisante, mais pourtant totalement inaccessible

puisqu’en réalité, j’ai peur d’à peu près tout

j’aime à faire croire que je suis au-dessus de toute vulgaire considération terrestre « s’inquièter de ceci » « penser à cela » « faire comme ceci »

et si je m’en extirpe souvent, [...]

every you every me (7/2011)

ça ne marche pas tout le monde le sait pourtant, non? plus rien ne marche même si rien n’a jamais vraiment marché

et il n’y a pas de fin de l’histoire en approche pas un jour proche où l’on pourrait se dire que peut-être un lendemain heureux serait collectivement accessible

tout est à réinventer à [...]

black orpheus (6/2011)

quelquefois, j’entr’aperçois la lumière si furtive que les nuages la renvoient à mon imagination existe-t’elle réellement? ou n’est-elle que la carotte que j’ai choisi d’inventer pour continuer à avancer quand même…

et en ces instants, je crois entendre mon âme partir dans un grand fou rire elle se moque gentiment de moi affectueusement, elle me [...]