Overgrown

De l’adversité.
Et des adversaires surtout.

De ceux qui nous forcent à nous positionner.
A réagir plutôt qu’à agir sans doute.
Mais quand on est un peu trop léthargique, c’est déjà ça, j’imagine.

Et de la violence aussi.
Du désir de faire mal.
Du besoin de gagner, d’avoir raison.
De triompher.
Et de vouloir que l’ennemi sache qui l’a vaincu.

Et de la justice aussi.
Et de la justice surtout.
Car mes ennemis sont coupables.
Incapable de respecter la loi.
Incapable de respecter la mienne en tout cas.

Je déteste ce ressenti de la violence qui s’empare de moi quand je songe à eux.
Je l’abhorre et je l’adore aussi pourtant.

Les étouffer à petit feu, jusqu’à les avoir enfin evacués de mon enfer.

Wash it over

Il y a un diable qui se cache quelque part ici.
En vous aussi je crois.

Plusieurs voix qui s’entrechoquent pour tenter pourtant d’exprimer la beauté dans l’individualité.
Individualité…
Dualité indivisible?

Faut-il apprendre à faire cohabiter son démon et son ange?
Transcender le diable dans la lumière?
Accepter de lui faire vivre ce qu’il demande pour qu’il y renonce enfin devant l’inutilité de sa rebellion?

Faire pour Être?
Développer pour émerger?

Et d’une torpeur, se noyer dans le seul sens qui soit: celui de la beauté

Gobi

37 minutes pour un texte…
Plus qu’il n’en faut, mais si j’allais d’abord faire un tour?
Une fête, un verre, une crotte ou des cordes?

Peu importe, quelque chose pour avancer de quelques instants.

C’est effrayant le temps qu’on perd.
Et fascinant de s’apercevoir qu’on a besoin d’en perde.
Qu’on ne peut pas tout planifier, tout prévoir.
Cette demie-heure serait-elle aussi séduisante si elle était calée entre deux contraintes?
Ou n’est elle pas finalement aussi efficace qu’imprévisible?

Peut-être qu’il faut que je fasse une pause dans ma pause?
Et puis dériver encore un peu plus loin même, quand j’atteindrai les toilettes…

[Pause]

Me voici assis sur le trône.
Le miroir noir entre les doigts, quelques distractions inutiles s’approchent de mon esprit.

Viens donc me titiller le bouton mon joli.
Une belote entre amis inconnus ?
Un jeu de mots avec sa grand-mère ?
Une bataille lexicale entre équipes à bon marché ?

J’ai tout ce que tu peux espérer imaginer.
Je peux même t’envoyer un moineau dans la face, c’est peu dire.

[Pause]

C’est mignon un abricot. Excusez ce constat inutile, mais ai-je l’endurance d’une telle improvisation littéraire?
Ceci étant écrit, je vous confierai aussi que cela peut être particulièrement juteux?
Ennuyeux pour un clavier d’ailleurs…

Pour avoir repris le contrôle de mon esprit, le focalisant par les doigts à une tâche sans utilité particulière, je me retrouve désormais quelque peu démuni.

A quoi pourrais-je bien l’occuper désormais? Vers quelle idée saugrenue?

Une autre femme à épouser?
De l’étrangeté d’une vie avec un niard?
Du malheur de l’homme et de son désir inextricable et insatiable?
De l’utilisation assez faiblarde de ma créativité?
De tous ces réflexes, accumulées depuis ces décennies, et dont je ne me débarrasse jamais vraiment?

Ce dernier point semble séduire mon esprit. Il s’éveille, et ordonne à mes doigts de se tenir prêt.
Il a des points assez fascinants à partager avec le monde.
De ceux qui immanquablement démontrerons sa supériorité sur tous les médiocres qui auront daigné lire jusque là (Sérieusement, il y a encore quelqu’un?).

Voyez-vous dit-il (oui, mon esprit me vouvoie, ça permet de garder une distance), je vous ordonne d’aller vérifier l’état du marché des transferts de joueur de foot.
Et pourtant, je m’en moque éperdument. Une partie de moi aimerait même pouvoir le revendiquer comme un sujet qui ne l’intéresse plus.
Mais le réflexe parait trop fort, et j’accumule alors des souvenirs inutiles de joueurs vite oubliés et de leurs minables confidences sur leur carrière…

Il en est ainsi de l’activité politique d’ailleurs. Je lis tout ce qui se dit, sans parvenir à vraiment accepter les opinions contraires à celle que j’ai choisi d’avoir…

Ah tiens, mon esprit a lâché. Il a eu un besoin de Command/Tab pour s’alimenter d’autres choses.

Faut dire que ce morceau ne l’aide pas beaucoup. Qu’est-ce donc d’ailleurs se demande-t’il?
Faut-il que tu me tortures encore ainsi très longtemps?
J’ai bien envie de me relâcher, et d’aller me déconcentrer ailleurs.
J’ai envie de me toucher, de faire des calculs, de gratter des instruments.
J’ai bien envie aussi de construire des trucs un peu plus pérennes, mais c’est surtout l’idée qui me séduit.
Je sais bien qu’au bout de quelques heures, je serai déjà las.

….
- On fait quoi maintenant?
– Bah racontes-nous une histoire
– Une histoire de quoi?
– Peu importe, on s’en accommodera
– Tu ne crois pas que ça risque d’ennuyer un peu les gens.
– De quels gens parle-tu? Et puis Internet n’est que ce réceptacle permanent de la pensée humaine. Comme un confessionnal à ciel ouvert. Tout y est ennui et #OSEF. Alors, nous aussi, on a bien le droit!
– OK, je commence alors….
….

Ce serait l’histoire d’un coureur du Tour de France. Pas très original, mais vu que tout le monde en parle en ce moment, on a qu’à essayer d’imaginer à quoi cela peut ressembler.
Bon, évacuons le dopage, sinon on va tomber dans les clichés.
Bon, alors mon coureur, ce serait un gars lambda. Un mec que tout le monde aura oublié après sa carrière.
Lui il ne gagnera jamais rien. Il est juste là pour rouler. Enfin aider les autres coureurs, son leader etc…
Bon alors, j’ai jamais trop compris comment on peut aider un coureur, donc du coup, on peut peut-être imaginer des trucs. Je ne sais pas.
Peut-être que ce coureur, il raconte ce qu’il se passe sur Internet à ceux qui sont au top. Juste pour qu’il n’ait pas besoin d’aller sur Facebook pendant la course?
Ou peut-être qu’ils se font des petits massages dans le peloton. Genre, les moins bons touchent le bassin des champions?
Ou peut-être qu’ils s’occupent de répondre aux mails des champions, et que…

– Mon ami, je vais t’arrêter là. Cette expérience est suffisamment intéressante en soi.

Donc, si j’occupes mon esprit assez longtemps, il apparait clairement qu’il n’a pas grand chose d’intéressant à partager.
Peut-être quelque fulgurances ici ou là, mais son état normal est de ne avoir rien d’intéressant à penser.

Donc esprit, la plupart du temps, tu devrais dormir. Comme une grosse merde que tu es.
Car vois-tu, la plupart de ce que tu racontes est chiant.

Reposes-toi donc pleinement pour que les quelques pensées utiles qui te traverseront soient encore plus brillantes!

Later

C’est comme une maison un homme. Il faut s’en occuper. Et ça parait un peu ennuyant. Ennuyeux n’est-ce pas?

Il faut qu’il fasse de l’exercice. Il faut qu’il se nettoie. Quotidiennement avec une éponge. Ce qui l’a sur le coeur, au creux de son âme, et dans ses couilles.

Vidanger tout ça. Un nettoyage de […]

Before your very eyes

Il fut un temps où tu me soignais. Où tu absorbais mes douleurs et mes peines. Tu m’aidais à formuler l’inexplicable. A enjamber les incompréhensions.

Que reste-t’il de toi aujourd’hui? Quelques murs défraichis? Des dessins indécryptables? Le paysage suranné d’un passé toujours idéalisé.

Tu symbolises à merveille mon incapacité à tourner la page, à passer […]

Malaxe

D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours attendu. Un geste, une décision hâtive, un accident non anticipée. Une vie de réaction permanente pour combler un vide. L’absence. Le déni. Le manque. S’accrocher à un panse-douleur quelconque.

Année après année, je n’arrive toujours pas à dépasser, à accepter l’absence de sens. Ai-je été trop formaté […]

44

Behind the old canal, there’s a little path that will lead you over the channel

Don’t even ask You can’t see it from here It’s full of dirt And falling leaves usually block the spot Even at spring Somehow

But you should pursue anyway It’s just a little mount of dirt really It’s barely covering […]

higgs boson blues

Dans une expiration, inspiration évidente d’une réalité inexistante.

« There is no end » dit-il « There is no nothing » j’objecte!

Juste la tentation, toujours repoussée, de constater les abysses. De se plonger dans l’impossible stabilité. Dans la nécessité de construire pour enfin pouvoir détruire.

La patience est verticale. Pourquoi s’obstiner à l’expérimenter quand l’horizon te tire par […]

how insensitive

un petit oiseau juste un petit oiseau s’enfuyant cherchant la paix lassé de se noyer

noyade de verres d’eau comme toujours pour un si petit oiseau

planant? filant plutôt

s’extirpant de la pesanteur éjaculant ce trop plein de tout amas informe somme de rien et de n’importe quoi

un petit oiseau enfin libre de voler […]

new world

un nouveau style une nouvelle direction une explosion un changement?

l’absence de verbe? peut-être…

contemplation & inaction méditation & anxiété

le monstre est toujours enfermé à l’intérieur il s’avère qu’il n’a jamais voulu sortir

qu’irait-il faire dehors? dans un monde sans majuscules où l’humour a disparu où les chaines sont revenues

peut-on encore vivre sans? […]